La Trêve de Noël est un terme utilisé pour décrire plusieurs brefs cessez-le-feu non officiels qui ont eu lieu pendant le temps de Noël et le Réveillon de Noël entre les troupes allemandes, britanniques, belges et françaises dans les tranchées lors de la Première Guerre mondiale, en particulier celles entre les troupes britanniques et allemandes stationnées le long du front de l’Ouest en 1914, et dans une moindre mesure en 1915. En 1915, il y eut une trêve de Noël similaire entre les troupes allemandes et françaises. En 1915 et 1916, une trêve eut aussi lieu à Pâques sur le front de l’Est.

 

Militaires britanniques et allemands réunis au milieu du no man’s land pendant la trêve.

 

 

 

 

Les soldats du front occidental étaient épuisés et choqués par l’étendue des pertes humaines qu’ils avaient subies depuis le mois d’août. Au petit matin du 25 décembre, les Belges, les Français et les Britanniques qui tenaient les tranchées autour de la ville belge d’Ypres entendirent des chants de Noël (Stille Nacht) venir des positions ennemies, puis découvrirent que des arbres de Noël étaient placés le long des tranchées allemandes. Lentement, des colonnes de soldats allemands sortirent de leurs tranchées et avancèrent jusqu’au milieu du no man’s land, où ils appelèrent les Britanniques à venir les rejoindre. Les deux camps se rencontrèrent au milieu d’un paysage dévasté par les obus, échangèrent des cadeaux, discutèrent et jouèrent au football le lendemain matin. Un chanteur d’opéra, le ténor Walter Kirchhoff, à ce moment officier d’ordonnance, chanta pour les militaires un chant de Noël. Les soldats français ont applaudi jusqu’à ce qu’il revienne chanter.

Ce genre de trêve fut courant là où les troupes britanniques et allemandes se faisaient face, et la « fraternisation » (il s’agit plus d’une trêve de fait qu’une fraternisation volontaire6) se poursuivit encore par endroits (notamment on prévient l’autre camp de se protéger des bombardements d’artillerie ou on pratique des trêves pour pouvoir enterrer ses morts) pendant une semaine jusqu’à ce que les autorités militaires y mettent un frein.

Contrairement à la croyance populaire, il y eut également des trêves dans les batailles opposant des soldats français et allemands. Cependant, celles-ci sont bien moins connues, probablement en raison du grand nombre de documents censurés par les autorités militaires à cause de leur contenu (descriptions d’opérations militaires susceptibles d’arriver aux mains de l’ennemi, description péjorative en conflit avec la désinformation faite par les journaux français de l’époque , etc.). Aujourd’hui, de nombreux témoignages de soldats français ayant fraternisé avec des soldats allemands sont disponibles dans des archives historiques, mettant au jour ces trêves presque tabou à l’époque.

 

Une croix, au Saint-Yvon (Comines-Warneton) (à gauche) en Belgique en 1999, pour célébrer le site de la trêve de Noël pendant la Première Guerre mondiale en 1914.

 

 

 

 

 

Voici un exemple de témoignage du soldat Gervais MORILLON :

“Il se passe des faits à la guerre que vous ne croiriez pas. Avant-hier, et cela a duré deux jours dans les tranchées que le 90e occupe en ce moment, Français et Allemands se sont serré la main. Voilà comment cela est arrivé : le 12 au matin, les Boches arborent un drapeau blanc et gueulent : “Kamarades ! Kamarades ! rendez-vous !” Ils nous demandent de nous rendre. Nous de notre côté, on leur en dit autant ; personne n’accepte. Ils sortent alors de leurs tranchées, sans armes, rien du tout, officier en tête ; nous en faisons autant et cela a été une visite d’une tranchée à l’autre, échange de cigares, cigarettes, et à cent mètres d’autres se tiraient dessus. Si nous ne sommes pas propres, eux sont rudement sales, ils sont dégoûtants, et je crois qu’ils en ont marre eux aussi. Depuis, cela a changé ; on ne communique plus.”

Une trêve s’est déroulée également à Frelinghien où une plaque commémorative est érigée lors d’une cérémonie le 11 novembre 2008.

 

Peter Knight et Stefan Langheinrich, descendants de vétérans de la Grande Guerre, lors du dévoilement du mémorial de la trêve de 1915, en 2008.

 

 

 

 

 

 

Source Wikipédia