ASSOCIATION : “SOLIDARITE  NORMANDE DES INCORPORES DE FORCE D’ALSACE MOSELLE” 

SNIFAM

Cette association a été créée en 2012 par un Normand, Monsieur Bézard, qui en 1944,  a rencontré un jeune Alsacien.

Il avait 9 ans à l’époque.

 Ce  jeune soldat parlait le français, connaissait les mêmes récitations que lui !!! Son père lui explique alors que c’est un alsacien, un incorporé de force dans l’armée allemande.

Depuis le décret de 1942,  les Alsaciens et Mosellans étaient contraints de servir dans l’armée allemande la « Wehrmacht ». En cas d’insoumission, de désertion, d’évasion, des représailles s’exerçaient sur leurs familles par la déportation en Allemagne, en Pologne et par la confiscation de leurs biens. Aussi souvent la mort dans l’âme, ils ont subi cette incorporation.

Pour les trois départements de l’Est, la Moselle, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin annexés illégalement, 130 000 jeunes hommes de 18 à 35 ans ont dû se plier à ce décret funeste. La plupart ont été envoyés sur le front russe.

Mais que faisait cet Alsacien en Normandie après le débarquement des Alliés et en plus dans une unité de Waffen SS ?

Début 1944, les jeunes gens nés en 1926 (donc à peine 18 ans) et des hommes nés en 1910, la plupart mariés et père de famille, ont été DIRECTEMENT dirigés dans ces unités tant redoutées. Sur 4000 jeunes nés en 1926 et incorporés de janvier à mai 1944, 2000 ont connu ce triste sort. CE N’ETAIENT PAS DES VOLONTAIRES.

1000  d’entre eux, se sont retrouvés sur le front de Normandie en cet été 1944. Pour ceux qui voulaient s’évader, déserter le moment était propice.

Au péril de leur vie, des Normands les ont aidés à se sauver, leur ont procuré des vêtements civils,  les ont caché.  A signaler entre autre, l’action d’un chirurgien et de son équipe de l’hôpital de Coutances, replié à Coutainville, qui n’a pas hésité à hospitaliser des évadés en les faisant passer pour des blessés.

 Plus de 300 jeunes ont trouvé la mort dans les combats à l’ouest de la France, 200 ont été prisonniers des alliés britanniques et américains.

Parmi ceux qui avaient la vie sauve, nombreux se sont engagés dans l’armée de libération.

Arrivé  à l’heure de la retraite, ce Normand vient passer des vacances en Alsace et rencontrer d’anciens incorporés de force. Depuis il ne cesse de retrouver les personnes qui ont aidées, en 1944, ces jeunes gens et de provoquer des rencontres.

Lors de ses séjours, il n’hésite pas à prélever de la terre d’Alsace et de la répandre sur les tombes de ceux qui sont enterrés en Normandie.

Qu’il est bon de connaître cette solidarité de l’époque et  remercier après tant d’années toutes ces personnes qui avec courage et abnégation ont sauvé la vie de ces jeunes Alsaciens et Mosellans « Malgré-nous ».

htpps //snifam

 

Suzy Favrot

Secrétaire FNAPOG Doubs