Les policiers dans la résistance      suite 1

 

Jacques COMBATALADE

Natif de Decazeville (1917) cet inspecteur faisait aussi partie du réseau MORHANGE depuis 1940. C’était alias Crillon, Kiki, Kléber ou Lucien, X5 pour le réseau.

Dans la police nationale depuis sa création, il fut affecté sur la ligne de démarcation en Saône et Loire pour les contrôles.

Revenu à Toulouse il est sous les ordres du Commissaire Principal François DEDIEU1.

Jacques COMBATALADE participe à l’arrestation, à l’interrogation et à l’exécution d’un adjudant de l’Armée de l’Air DIBINGER indicateur pour la gestapo. Il en sera de même pour le traître MIQUEL.

Autres actions :

           –  attaque d’un convoi de sécurité, 5 allemands tués et saisie de nombreux documents.

           – dix-sept autres faits d’armes à son actif : éliminations d’agents ennemis.

           – liaisons avec les filières d’évasion vers l’Espagne.

Dénoncé il prend le maquis avec un autre policier Léo Hamard.

Le 2 juin 1944, blessé lors d’une escarmouche avec le SD, il est arrêté et mis en prison après avoir été soigné. Il dupe les allemands, sur leur proposition, en s’engageant dans la gestapo. Il sera même décoré par eux, toujours prisonnier mais dans un local moins surveillé de l’hôpital Purpan de Toulouse.

Le 2 juillet, il se déguise en revêtant des habits d’ouvrier et quitte ainsi Toulouse dans un camion prévu par le Commandant Pierre MARQUETTE. C’est ce dernier qui le 19 Août 1944 aidera, avec ses hommes, le groupe MORHANGE à libérer Toulouse.

Devenu commissaire après la libération il démissionne fin 1945 refusant d’être muté à Limoges. En 1946 il sera impliqué dans une certaine affaire judiciaire.

Il décéde en 1984.

Sera reconnu capitaine FFI, Légion d’Honneur à titre posthume, Médaille de la résistance et Croix de Guerre. Une rue porte son nom à l’Isle Jourdain (Gers).

 

 Léon Lucien HAMARD

Né à Bar le Duc (Meuse) le 28 Novembre 1919.

Orphelin de père très jeune il quitte la Lorraine en 1940.

Fin 1942 il intègre le réseau MORHANGE où il sera X 6. A la mi 1943 il exécute avec Jacques COMBATALADE le traître MIQUEL malgré la présence de deux officiers allemands.

Participe à l’arrestation et l’élimination des traîtres RELINGER et WATTIES à Montgiscard, le 2 janvier 1944.

Entre dans la police récemment créée par Vichy en Avril 1944. Inspecteur aux Renseignements généraux, puis à la 8 éme brigade mobile de la police judiciaire sise rue du rempart Saint Etienne à Toulouse.

Entre en résistance dès Novembre 1940 dans « travaux ruraux ». Il est actif dans le réseau Andalousie filiale du BRCA (Bureau Central de Renseignement et d’Action)

Dénoncé il rentre au maquis du Gers.

Le 2 juillet 1944, il participera au « courrier de Nice » (interception d’un convoi allemand et récupération de documents en cours de transfert vers Nice)

11 juillet 1944 : il est arrêté alors qu’il couvrait TAILLANDIER (qui sera abattu) on l’emmène au siège de la gestapo toulousaine, rue Maignac, où il sera interrogé, torturé sauvagement (je passerai sous silence les détails) et son corps (après une longue agonie) sera, enterré, peut être vivant, dans le jardin attenant. Mais jamais il n’a révélé quoi que ce soit.

           siége de la gestapo toulousaine

 

destruction de documents,au siège ci dessus, le 18 Août 1944,veille de la libération de Toulouse

Sera nommé capitaine.

Légion d’honneur. Médaille de la résistance. Croix de Guerre.

A sa rue à Toulouse.

 

Pierre SALETTES

Né à Monein (Basses Pyrénées, maintenant Pyrénées Atlantiques) en 1912.

Fait partie du réseau VERDIER2 en janvier 1941.

En 1943 il entre en clandestinité.

Le 15 juin avec son collègue Yvon VALLAT (né en 1914 à Rabastens dans le Tarn. Rédacteur à la police. Croix de guerre avec citation dans l’ordre du corps d’armée. Homologué sous-lieutenant) il prévient VERDIER alias « Forain »de son arrestation imminente.

Celui-ci se refuse à fuir. Ils essaient de le faire évader mais cela échoue d’autant que VERDIER a été exécuté

Pierre SALETTES cache un poste émetteur dans un placard de son bureau du commissariat.

Il jouera un rôle essentiel dans l’exécution à Auch de Mme Lafitole, maîtresse d’un dirigeant du SD (service de sécurité allemand) de Tarbes.

A Auch toujours, il entre au siège de la milice en tant qu’Inspecteur de police et emmène un milicien délateur qui sera exécuté.

16 mars 1944 : accrochage avec des « gestapistes » qui auront 2 tués et un capturé.

Promu commissaire, homologué Lieutenant. Croix de guerre avec citation.

Il avait réussi à convaincre le commissaire Germain SUBRA de travailler avec eux, les autres inspecteurs, en 1944.

Arrêté il est remplacé par FOURNERA. Ce dernier organisera l’arrestation, la capture de SENAC un traître qui sera exécuté.

Fournera sera exécuté par les nazis à Bordeaux.

 

 

Notes : 1°) François DEDIEU : originaire du Gard (Anduze) il soutient la résistance.

                                                    Sera ensuite muté à Clermont Ferrand (Puy de Dôme)

             2°) François VERDIER, responsable de la résistance toulousaine. Fut assassiné par la gestapo le 27 janvier 1944 sans autre forme de procès dans la forêt de Bouconne (Haute Garonne)

 

Sources : pages internet. Revue spécialisée. Archives gestapo (mémorial François Verdier)