MARSOULAS il y a 82 ans, un 10 juin, l’horreur

Qu’il faisait bon vivre dans ce village du Comminges niché à 300 m, où les saisons étaient bien marquées, un havre de paix à environ 22 km de Saint-Gaudens.

Mais voilà, l’histoire va perturber, bouleverser la quiétude des 150 habitants de cette commune.

 

Quelques jours auparavant, 6 précisément, les plages de Normandie ont été envahies par les troupes alliées : cet historique et réputé débarquement. De ce fait la haute autorité de la Wehrmacht va demander à ses troupes stationnées au sud de Toulouse, de remonter pour aider celles du haut. Mais la mission est double pour le 3ème bataillon de la division Das Reich, il faut démanteler les différents maquis, ayant mis à mal certaines unités occupantes, se trouvant sur le chemin du retour. C’est ainsi que celui de Betchat (Ariège) 500 habitants est visé, il est encerclé mais l’opération se révèle nulle, les infos suivantes vont vous l’expliquer.

Deux résistants de Marsoulas, localité voisine à 2.5 km, Jean-Marie Manens1 et Camille Wenberg, un lorrain, chargé de faire le guet par un responsable du maquis proche vont prendre position sur le toit de l’église située sur l’itinéraire de l’occupant. Le début du convoi apparaît, un seul camion, qui n’était là qu’en éclaireur de l’avant-garde de la colonne de blindés suivante. Camille déclenche un tir. Mal lui en a pris, car la riposte est immédiate, il est tué, il avait 31 ans. Le jeune Jean-Marie, oui jeune, il n’a que 16 ans, en réchappe, se réfugie dans le cimetière, protégé par les sépultures, et rejoint le maquis de Betchat2.

Le village est aussitôt encerclé, les mitrailleuses mises aux endroits stratégiques, les tirs commencent pour intimider la population. Ordre d’un certain Gross, est donné : aller inspecter chaque maison.

La 1ère est celle de la famille Dedieu qui sera passée par les armes, Emmanuel, le père, les 2 filles Georgette et Thérèse, 7 et 14 ans, la mère Jeanne seulement blessée en réchappera.

La maison suivante est celle des Calfon. Le père est parti à Toulouse, restent Madeleine sa femme, Suzanne et Micheline les filles de 8 et 11 ans, Yves le fils 13 ans et le petit-fils Christian, seulement 3 mois sont exécutés sans pitié aucune.

La barbarie continue chez la maison Cazenave : Jean-Baptiste 49 ans le père, son épouse Julie 43 ans ainsi que Gaston le fils de21 ans et sa sœur Paulette 19 ans perdront la vie.

 La famille suivante Audoubert : Alfred le père 45 ans, son épouse Pauline 48 ans, les filles Jeanne et Suzanne 22 et 13 ans, s’enfuie. Hélas elle est rattrapée et ramenée au village. Les quatre membres seront fusillés sur la plage du village.

La famille Fulbert, 4 membres massacrés ainsi que les Bartet, dont seul le père, 54 ans périra. Son épouse, sa fille et sa nièce étaient parties à Toulouse. Deux hommes Jacques Carbo un catalan de Tarragone (Espagne) et Jacques Edmond de l’Hérault étrangers au village furent aussi assassinés.

Pour accentuer l’horreur les maisons furent ensuite pillées, incendiées. Fort heureusement certains habitants avaient réussi à se cacher dans leur maison, dans la forêt voisine, d’autres étaient partis travailler à l’extérieur et certains sont épargnés : le hasard dans la cruauté.

Les troupes allemandes poursuivant leur remontée firent « chou blanc » en arrivant au maquis, averti par Jean-Marie Manens qui s’y était réfugié et les bruits occasionnés par les exactions au village de Marsoulas3.

Ce sont donc 27 villageois massacrés : 8 hommes, 5 femmes et 14 enfants. (8 garçons et 6 filles). Les obsèques eurent lieu le 12 juin, dans un carré spécial du cimetière sauf pour ceux qui avaient une sépulture. Le corps de Camille Wenberg fut rapatrié en Meurthe et Moselle, domicile de sa mère.

 

 

Notes :

         1°) s’est considéré responsable du massacre de Marsalas, même si le maquis lui a été reconnaissant de l’avoir ainsi préservé

        2°) commune rurale ariégeoise, 600 âmes au moment des faits, dans le parc naturel des Pyrénées ariégeoises.

       3°) village qui s’est vu attribué : la Médaille de la Résistance Française. Un monument et une stèle rappelle ces douloureux événements. Commémoration annuelle.

 

 

Sources : divers sites internet. Témoignage d’un résident actuel.

 

 

 

 

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