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Faire connaître le terrible destin des incorporés de force. C’est le défi relevé par deux associations normandes qui organisent, ces mardi et mercredi, au Mémorial de Caen, un colloque sur le sujet.
Marlène Estrade est née en Moselle. Ses grands-parents maternels étaient originaires d’Alsace tout comme sa grand-mère paternelle. Deux de ses oncles ont été incorporés de force. L’un dans la Kriegsmarine et l’autre dans la Wehrmacht. Ce dernier a été fait prisonnier par les Soviétiques et a terminé sa guerre à Tambov. « De leur guerre, ils n’en parlaient pas. Un jour, alors que j’expliquais à l’un d’eux que j’apprenais le russe, il a commencé à sortir quelques expressions dans cette langue !
Et puis il m’a dit qu’il avait fait un stage en Russie… » Marlène n’en saura pas beaucoup plus sur le parcours de ses oncles. « Et quand j’ai évoqué le sujet avec mes cousins, ils m’ont dit qu’ils n’en parlaient jamais en famille. »
Celle qui vit en Normandie depuis plusieurs années s’est plongée dans l’histoire familiale. Puis est venue l’idée de partager cette mémoire. « Souvent, de l’Alsace pendant la guerre, les gens ne retiennent que le procès de Bordeaux », souligne-t-elle.

Ce constat l’a poussée, avec Jean-Pierre Thiry, tous deux membres de l’association Les Amis du mémorial de Caen, à réfléchir sur une conférence dédiée à l’Alsace durant la dernière guerre. C’était il y a plus de deux ans. D’une conférence de deux heures, on est passé à un colloque de deux jours avec douze intervenants – historiens, chercheurs, journalistes, universitaires… – abordant tous les sujets sur l’incorporation de force (l’annexion, la Résistance, les veuves et orphelins, l’aide des Normands, les « non rentrés », etc.)…/…

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