Toutes les semaines, nous publierons 2 extraits du Livre Blanc des pupilles de la Nation de la Fnapog   (Féderation Nationale Autonome des Pupilles de la Nation Orphelins de Guerre.)

 

Témoignage de Guy Bécourt :

Mon père « Edouard Bécourt » a été arrêté par la Milice de Vichy ‘Pétain ».
Il a été emprisonné en France pendant deux ans pour être livré aux Allemands, par la Milice Française. Il a été Déporté à Dachau une année. Une année de souffrance et de privation.
Il est rentré dans son foyer, très diminué, il est décédé de maladie à 75 ans.
De cette maladie a suivi une vie privative, pour lui et pour nous ses deux fils.
Il n’aimait pas sortir, à part au café du coin, pour jouer au javelot et aux cartes.
Mais nous, les Enfants, à 80 km de la mer ? pas de sorties prévues.
Le Père n’avait pas l’envie de s’éloigner de son domicile et nous les Fils l’avons bien compris.
Mon frère est décédé – mais moi je pense toujours à mon Père et à notre enfance détruite par cette guerre. J’ai fait un petit récapitulatif de sa vie (de ce que je peux savoir).

On peut même ajouter que j’ai une déception de jeunesse qui me tient encore à cœur :

Mon père était accordéoniste (pour ma mère il a refusé le poste de « Chef d’orchestre ») pour ne pas avoir à se déplacer.

Personnellement j’ai appris deux solfèges pour jouer de l’accordéon. Mon père me soutenait tant bien que mal (vu ses maladies).

Il avait un livret médical de déportation et un livret médical des Houillères.

A la fin du deuxième solfège, ne pouvant aller plus en avant sans accordéon, j’ai demandé à mes Parents de m’en acheter un. Malheureusement ils ne pouvaient pas n’ayant pas assez de salaire (ma Mère ne travaillant pas) la réponse fut : « Désolé on ne peut pas – on n’a pas assez d’argent. Je n’avais pas encore douze ans mais, je me souviens que les fins de mois étaient difficiles. Mon père était grutier aux Houillères. Ces dernières lui ayant refusé un poste de chauffeur administratif l’on plaçait d’eux même Grutier dans une « Bondue » qui puait le gasoil de partout (même l’hiver il travaillait fenêtre ouverte).

 

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