Robert DOUIN

 

Professeur et directeur de l’école des Beaux-Arts de CAEN depuis 1930, il succède à son père Raoul époux de Maria MAÏER.

Il se marie le 27 mars 1916 à Caen avec Maria Langlois avec laquelle il aura un enfant puis, 2 autres lors d’un second mariage avec Marie GOSSET en 1923.

1940 : il entre en résistance dans l’Armée des Volontaires avec Léonard GILLE1  et René DUCHEZ2.

1942 : il intègre le réseau Alliance, il en devient le responsable départemental pour le Calvados le 1 er février 1943, il est alias « Civette » ou « F3 ».

Travaillant pour l’entreprise Roger Marti, il se déplace souvent pour la restauration des œuvres d’art. il en profite bien évidemment pour relever les plans des fortifications allemandes, leurs usines d’armement (travaux TODT) puis il transmet toutes ces informations primordiales à Londres

Pour ce faire il installe un émetteur radio dans le clocher de l’église Saint-Nicolas de Caen.

Arrivé chez lui, utilisant les cartes d’Etat major au 1/10 000, il s’empresse d’indiquer sur ces plans, des calques, les relevés des défenses faits dans la journée par lui ou par ses agents.

Les plans sont soigneusement mis dans un cylindre qui est dissimulé dans une gouttière. Récupérés par un agent de liaison, un avion Lysander les acheminera à LONDRES.

Son fils Rémy, 14 ans, va l’aider à établir une carte de 17 mètres de long, destinée à l’Intelligence Service de Londres, ceci peu de temps (1 semaine) avant son arrestation près du stade Hélitas le17 Mars 1944 par la gestapo qui le dirige vers la maison d’arrêt de Caen.

Il œuvre aussi pour le réseau CENTURIE avec Georges THOMINE et Jean CABY4  ce qu’ignorait Jean SAINTENY5   le chef du réseau Alliance. 

Les 2 réseaux ignoraient totalement cette situation.

Deux portraits différents : pour le réseau Alliance il était un père tranquille pour le réseau Centurie il était fantasque.

Il sera fusillé le 6 Juin 1944 dans la cour de la prison avec 86 autres détenus. Son corps ainsi que ceux des autres martyrs ne seront jamais retrouvés malgré les nombreuses hypothèses émises.

Ce 6 Juin le chef de la gestapo Harald HEYNZ donne à 8 h l’ordre de prendre au hasard 87 prisonniers qui seront fusillés par petits groupes, ils étaient âgés de 18 à 66 ans. Ils sont enterrés dans un « charnier » creusé dans une cour de la prison. Le 30 Juin 1944 les allemands les feront transportés par camions au sud de Caen, pour effacer toutes traces de ce massacre.

  témoignage d’un adolescent interné dans la prison

                                                                             

Son fils Rémy  né le 18 Avril 1927 ne pourra passer son BAC en 1944, il devient orphelin de guerre avec père mort pour la France. Sa mère étant sans travail, une sœur handicapée il est soutien de famille son frère l’emploiera dans sa ferme quelque temps jusqu’au service militaire.

Revenu en 1948 il entre dans l’entreprise d’électricité Masselin, à Cormeilles le Royal, il est dessinateur et devient ingénieur en 1992 puis prendra sa retraite. Ira témoigner dans les collèges et lycées.

 

Distinctions :

Légion d’Honneur (Juin 1947), médaille de la résistance (octobre 1945). Ancien combattant de 14/18 (blessé le 4 Août 1914 et en Juin 1915).

En 1936 il obtient le prix « buste Marianne » son modèle Suzanne LEGOUPIL étant son élève, buste encore à la Marie de Gonneville en Auge.

Son nom figure sur une plaque de l’église Saint Nicolas et sur le monument mémoriel de Caen.

Un square aussi dans le quartier Saint Nicolas de CAEN.

 

Notes :

1°) alias Marie (1904-1971). Capitaine de réserve mobilisé en 1939, deviendra colonel plus tard.

2°) alias François (1903-1948), artisan peintre va travailler à la Kommandantur de CAEN en Mai

1942.Dérobe les plans des fortifications allemandes de la côte Normande qui seront transmis

au Colonel REMY. A l’origine du film « Le mur de l’Atlantique » ou Bourvil fait de même.

3°) alias Cachalot, originaire de Port en Bessin. Arrêté le 17 mars 1944.

4°) alias Emouchet ou F 34 responsable du secteur de Villers Bocage.

5°) alias Dragon, né Jean ROGER, gendre du Président du conseil Albert SARRAULT. Démobilisé en

  1.  

Sources : sites internet : dday-overlord, maitron, sgm.caen, archives Calvados

 

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